Analyse complète des finances de Saint-Jean-sur-Richelieu basée sur les rapports financiers et budgets 2020-2026. Les vrais chiffres, les vraies questions.
Votre compte de taxes est de 3 282 $ en 2025. Il grimpe de 3 à 4 % chaque année. Pendant ce temps, votre épicerie coûte maintenant 325 $ par semaine (une hausse de 27 % depuis la pandémie). Votre facture d'Hydro est de 200 $ par mois. Votre hypothèque a probablement doublé avec les taux d'intérêt. Et la Ville vous demande encore plus, année après année. Si rien ne change, votre compte de taxes atteindra 3 700 à 3 800 $ d'ici 2028. Ce rapport explique pourquoi — et surtout, ce qu'on peut faire pour l'arrêter.
Entre 2020 et 2024, les dépenses de la Ville ont augmenté de 36,8 %. Pendant ce temps, l'inflation au Québec (l'IPC — l'indice des prix à la consommation, qui mesure combien coûte la vie en général) n'a été que de 18,5 %. La population ? +1,8 %. Autrement dit, la Ville dépense deux fois plus vite que l'inflation pour servir essentiellement le même nombre de citoyens. C'est comme si votre employeur doublait ses effectifs alors que son chiffre d'affaires n'a pas bougé.
Cet écart représente environ 24 M$ par année de dépenses qui ne s'expliquent ni par l'inflation ni par la croissance. C'est 559 $ par ménage qui part chaque année — pas dans les routes, pas dans l'eau potable, pas dans la police, mais dans une bureaucratie qui grossit trois fois plus vite que l'inflation (+60,7 %), des effectifs qui gonflent de 114 personnes en 3 ans pendant que la population stagne, une dette qui s'emballe de 100 M$ en 4 ans, des subventions opaques à des organismes dont vous ne connaissez même pas le nom, et une stratégie « carboneutre et inclusive » financée par vos taxes foncières.
Pour mettre les choses en perspective : la Ville compte 886 employés pour 100 000 habitants — soit 8,9 employés par 1 000 résidents. Drummondville, une ville comparable, fonctionne avec 6,0 employés par 1 000 habitants. Si SJSR avait le même ratio, elle aurait besoin de ~286 employés de moins. À un salaire moyen (avec charges sociales) de ~88 000 $, c'est 25 M$ par année d'écart. Ça ne veut pas dire qu'il faut en couper 286 — mais ça donne la mesure du gras.
Le nouveau maire Éric Latour, élu le 2 novembre 2025 avec 40,9 % des voix (battant la mairesse sortante Andrée Bouchard), a déclaré lors du budget 2026 : « Nos revenus ne suivent plus la hausse de nos dépenses et nous devons recentrer progressivement l'action municipale sur l'essentiel. » Cette analyse lui fournit — et vous fournit — la feuille de route pour y arriver.
| Indicateur (M$, consolidé) | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | Variation |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Revenus totaux | 198,9 | 214,3 | 220,3 | 237,1 | 256,2 | +28,8% |
| Charges totales | 174,9 | 190,6 | 213,5 | 220,9 | 242,4 | +38,6% |
| Excédent (fins fiscales) | 22,6 | 15,5 | 10,3 | 4,1 | 6,8 | −70% |
| Masse salariale | 75,9 | 82,0 | 89,1 | 93,3 | 100,6 | +32,5% |
| Effectifs | — | 772 | 813 | 838 | 886 | +114 |
| Dette totale nette | 201,0 | 200,8 | 216,5 | 253,7 | 301,4 | +100 M$ |
| Investissements | 44,1 | 44,3 | 50,8 | 64,9 | 67,1 | +52% |
| Frais d'intérêts | 5,8 | 5,9 | 6,3 | 7,6 | 9,1 | +56,4% |
Sources : Rapports financiers consolidés audités 2020-2024, Sommaires MAMH, Charges par objets (pages S19 et S28).
De 17,5 M$ à 28,1 M$ — trois fois l'inflation. Ce poste regroupe le greffe, les finances, les ressources humaines, les technologies de l'information (TI), les communications, la direction générale, le cabinet de la mairesse et la vérificatrice générale (VG). Même en soustrayant les obligations légales (~2 M$/an pour la VG et le cabinet exigés par la loi au-dessus de 100 000 habitants), il reste 8,6 M$ de croissance dans la bureaucratie pure. En 2024, c'est le seul poste majeur qui a dépassé son budget (+1,4 M$, +5,3 %). Pour mettre en perspective : ces 28,1 M$ d'administration représentent plus que tout le budget de loisirs et culture de la Ville (hors amortissement). La paperasse coûte plus cher que les arénas, les bibliothèques et les piscines combinés.
La masse salariale (salaires + charges sociales : assurances, retraite, cotisations gouvernementales) est passée de 75,9 M$ à 100,6 M$ (+32,5 %). C'est 48 % de tout le budget — presque un dollar sur deux que vous payez en taxes sert à payer des salaires. Les effectifs ont crû de 114 employés en 3 ans : +25 cadres (+18,8 %), +38 cols blancs (+15,3 %), +27 policiers (+18,4 %), +13 pompiers (+21,3 %), +17 cols bleus (+10,1 %). Le salaire moyen d'un cadre municipal est de 119 364 $ (charges incluses). Un col blanc : 73 976 $. Un policier : 97 769 $. Selon l'ISQ, les employés municipaux gagnent en moyenne 28 % de plus que leurs équivalents du privé — et 39 % de plus si on inclut les avantages sociaux (retraite, assurances). Et pendant ce temps, l'administration déclare chaque année 6 à 7,5 M$ de postes budgétés qu'elle n'arrive même pas à pourvoir.
L'endettement total net est passé de 201 M$ à 301 M$. C'est 3 000 $ de dette par habitant, bébés et enfants inclus — ou 7 020 $ par ménage. Les nouveaux emprunts annuels ont accéléré de façon spectaculaire : 20,6 M$ en 2021, 24,6 M$ en 2022, 33,0 M$ en 2023, puis 47,1 M$ en 2024 — un bond de +130 % en 3 ans. Le service de la dette (les remboursements de capital + les intérêts payés chaque année aux banques) atteint 26,8 M$ au budget 2025, soit 11,5 % du budget — et déjà 13,74 % au budget 2026 selon les chiffres du maire lui-même. Le seuil d'alerte reconnu en finances municipales est de 15 % — on sera au-dessus d'ici 2028 au rythme actuel.
De 23,3 M$ à 32,5 M$ — plus du double de l'inflation. Les transferts discrétionnaires à des organismes (subventions à des groupes communautaires, culturels, événementiels) ont triplé : de 2,5 M$ (2021) à 7,3 M$ (2024). En 2024, les contributions ont dépassé le budget de 5,0 M$ — des cadeaux distribués en fin d'année avec l'excédent, sans vote spécifique du conseil.
Le poste « Santé et bien-être » était quasi nul de 2020 à 2023 (282-322 K$/an), puis a bondi à 3,77 M$ en 2024 — une multiplication par 13 en une seule année. C'est un programme d'itinérance apparu sans mandat budgétaire initial, sans vote spécifique du conseil sur ce montant. Au Québec, l'itinérance relève du MSSS (ministère de la Santé et des Services sociaux) et des CIUSSS (les centres intégrés de santé qui gèrent les services sociaux dans chaque région), pas des municipalités. Des villes comparables comme Drummondville, Granby et Saint-Hyacinthe ne dépensent pas de montants comparables sur ce poste. Le maire Latour a obtenu une subvention de 250 K$ du CISSS pour un refuge — preuve que le financement provincial existe et devrait être le mécanisme principal.
Les intérêts payés aux banques sont passés de 5,8 M$ à 9,1 M$. Autrement dit, 9,1 millions de dollars par année sortent de Saint-Jean-sur-Richelieu pour aller dans les coffres d'institutions financières — pas pour réparer des routes, pas pour protéger des citoyens, pas pour un seul service que vous utilisez. Si la dette avait été maintenue au niveau de 2020, ces 3,3 M$ supplémentaires pourraient financer la réfection de 2 km de conduites d'eau chaque année, ou réduire votre compte de taxes de 77 $.
Le coût de la collecte des déchets, recyclage et compostage est passé de 10,5 M$ à 14,9 M$. Et le tarif sur votre compte de taxes monte aussi : de 212 $ à 278 $ en 2026. Le contribuable paie double. Le « taux de récupération » (la part couverte par les tarifs) n'est que de ~79 % — le 21 % restant est subventionné par vos taxes générales.
Chaque année, la Ville prévoit des revenus inférieurs à ce qu'elle sait qu'elle va recevoir. Résultat : elle justifie des hausses de taxes au moment du budget (« il faut équilibrer ! »), puis annonce un excédent en fin d'année (« bonne gestion ! »). Sur 5 ans, l'écart cumulé entre les revenus budgétés et les revenus réels atteint 72,5 M$. C'est 72 millions de dollars que la Ville savait qu'elle allait recevoir mais qu'elle a « oubliés » dans ses prévisions. Cet argent excédentaire est ensuite distribué en fin d'année sous forme d'affectations discrétionnaires — dont 31,8 M$ en 2024 seul, soit plus du double du budget prévu de 14,5 M$.
| Année | Budget prévu | Revenus réels | Écart |
|---|---|---|---|
| 2020 | 173,2 M$ | 185,3 M$ | +12,1 M$ (+7,0%) |
| 2021 | 179,9 M$ | 192,2 M$ | +12,3 M$ (+6,8%) |
| 2022 | 184,5 M$ | 204,8 M$ | +20,3 M$ (+11,0%) |
| 2023 | 200,2 M$ | 208,9 M$ | +8,8 M$ (+4,4%) |
| 2024 | 220,7 M$ | 239,7 M$ | +19,0 M$ (+8,6%) |
Après 5 années consécutives d'écarts de 7 à 11 %, ce n'est plus de la « prudence » — c'est une stratégie.
Quand la Ville annonce « le budget augmente de X % », elle compare le budget prévu de cette année au budget prévu de l'an passé — jamais aux dépenses réelles. Or les dépenses réelles dépassent toujours le budget. C'est comme comparer votre liste d'épicerie à celle de la semaine dernière au lieu de comparer ce que vous avez vraiment dépensé. Ce tour de passe-passe masque la croissance réelle des dépenses et rend les augmentations annoncées artificiellement basses.
La Ville présente un ratio de 1,52 $ par 100 $ de RFU (Richesse Foncière Uniformisée — c'est la valeur totale de toutes les propriétés, standardisée par le ministère). Ce ratio baisse... parce que le rôle d'évaluation a fait exploser la valeur des maisons de 47,5 %. Le dénominateur grossit, le ratio diminue — même si la dette réelle a bondi de 100 M$. C'est comme dire qu'on est moins endetté parce que notre maison vaut plus cher, même si on a pris une deuxième hypothèque.
Les présentations annuelles vantent des « économies en rémunération » de 6 à 7,5 M$. En réalité, ce sont des postes budgétés mais non pourvus à cause de la pénurie de main-d'œuvre. L'excédent n'existe que parce que la Ville n'arrive pas à recruter.
La mairesse Bouchard répétait dans chaque rapport : « Les investissements et la dette évoluent en conformité avec la stratégie du cadre financier. » Ce cadre n'a jamais été défini avec des cibles mesurables. Pas de ratio maximum, pas de plafond de dette, pas de cible d'effectifs. Un slogan, pas un outil de gestion.
En 2022, la population a atteint 100 188, déclenchant ~2 M$/an de coûts obligatoires (VG, police niveau 2, cabinet). En 2023, la population est redescendue à 99 494 — mais les coûts sont restés. La loi impose 5 ans consécutifs sous le seuil avant de pouvoir s'en défaire.
Une municipalité, c'est d'abord de l'eau potable, des routes, du déneigement, de la sécurité et de la collecte des déchets. Tout le reste est un choix politique — un choix qui a un prix.
~4,5 M$/an — La Stratégie de développement durable (DD) 2030 vise une ville « verte, carboneutre et inclusive ». Elle impose une taxe spéciale « écosystèmes naturels » (~109 $/ménage/an), accumule une réserve de 11,6 M$, et prévoit 24,5 M$ d'investissements. Plus des balados, conférences et « communautés d'action ». Drummondville et Granby ne font rien de semblable.
6,5 M$ d'emprunt pour réaménager une place, justifié par la stratégie DD et la réduction d'un « îlot de chaleur ». Pavé de couleur pâle, « œuvre d'art d'envergure », toilettes. Service de la dette : ~350 K$/an pendant 20 ans.
~754 K$/an — Organisme contrôlé par la Ville, consolidé dans ses états financiers. Subvention + emprunt garanti par les contribuables.
3,77 M$/an — Programme apparu en 2024 sans mandat budgétaire. Le MSSS et les CIUSSS ont la compétence. Le maire Latour a obtenu 250 K$ du CISSS — le levier provincial existe.
De 2,5 M$ à 7,3 M$ en 3 ans. La liste des bénéficiaires ne figure nulle part dans les documents publics.
Magazines, balados, vidéos, infographies. Le contribuable paie pour que la Ville se fasse belle — pas pour que ses tuyaux soient remplacés.
Une réduction de 50 % = 7 à 8,5 M$/an d'économies = 163 à 198 $/ménage/an
L'honnêteté exige de reconnaître les aspects positifs.
271 M$ en 5 ans, ratio investissement/amortissement de ~2x. La Ville ne laisse pas pourrir ses infrastructures. C'est rare au Québec.
1,52 $ par 100 $ d'évaluation vs 2,37 $ pour les comparables. Même en corrigeant l'effet du rôle, SJSR reste sous la moyenne.
~2 328 $/hab., dans la moyenne basse (Shawinigan : 2 618 $, Saint-Hyacinthe : 2 488 $).
Après une réserve en 2023, opinion sans réserve de Deloitte et de la vérificatrice générale.
Les infrastructures sont maintenues — le ratio invest./amort. de ~2x le confirme.
Le maire Latour a signalé la nécessité de « recentrer sur l'essentiel » et adopté un budget 2026 de « transition ».
Classées par économie potentielle. Aucune ne touche les services essentiels (eau, routes, police, incendie, déneigement, collecte, bibliothèques).
Plafonner les augmentations à l'IPC (~2,5 %/an) au lieu de 3,5-5 %. La masse salariale à l'IPC = 113 M$ en 2029, vs 120 M$ au rythme actuel.
Difficulté : les syndicats municipaux sont puissants et les comparables (Longueuil 23,5 %, Gatineau 24 %) créent une pression. Bras de fer et possiblement arbitrage requis.
Plafonner au niveau 2022 (3,5 M$). Reddition de comptes publique pour chaque subvention >100 K$.
Difficulté : chaque organisme a ses partisans et relais politiques. Couper une subvention fait du bruit — mais la transparence n'est pas négociable.
Ne remplacer que 70 % des départs (~44/an). ~13 postes en moins par an, zéro licenciement. Cibler cadres et cols blancs.
Difficulté : les syndicats résisteront au non-remplacement, mais aucun licenciement n'est requis. C'est le temps qui fait le travail.
Ramener de 28,1 M$ à 24 M$. Geler les cadres (ratio 1:4,5 vs cible 1:5,5), auditer les contrats TI.
Difficulté : c'est la bureaucratie interne. Aucun citoyen ne verra la différence dans les services qu'il reçoit.
Geler la taxe écosystèmes, cesser les acquisitions de terrains. Éliminer balados et conférences DD.
Difficulté : opposition des groupes environnementaux, mais le contribuable moyen ne fréquente pas les « communautés d'action DD ».
Limiter le rôle municipal à la coordination. Le CIUSSS/MSSS doit assumer le financement direct.
Difficulté : sensibilité sociale réelle, mais la compétence est clairement provinciale. Le levier existe déjà (subvention CISSS de 250 K$).
De 67 M$/an à 50 M$/an. Ratio investissement/amortissement reste à ~1,5x. Prioriser eau, égout, routes.
Difficulté : des projets seront reportés, mais les infrastructures essentielles restent protégées.
Renégocier les contrats (+41 % en 4 ans). Taux de récupération de 79 % à 90 %.
Difficulté : technique — renégociation de contrats, pas de décision politique sensible.
Publier un comparatif réalisations-à-réalisations. Définir le cadre financier avec des cibles. Liste des employés à 100 K$+.
Difficulté : zéro. C'est de la bonne gouvernance de base. Que des bénéfices en discipline et confiance.
Éliminer les balados DD, réduire les publications. Une Ville n'a pas besoin d'une agence de com' interne.
Difficulté : personne ne remarquera la disparition du balado DD.
soit 8,6 à 13 % du budget — sans toucher à un seul service essentiel
Ou : un gel complet du compte de taxes pendant 5 à 7 ans
Le contribuable moyen n'a plus de marge. L'épicerie pour une famille coûte maintenant 325 $ par semaine au Québec. La facture d'Hydro est de 200 $/mois. L'essence, les assurances, les taux d'intérêt hypothécaires — tout monte. Voici ce que les économies possibles représentent concrètement :
Sans aucune mesure de réduction, voici ce qui attend les contribuables de Saint-Jean-sur-Richelieu dans les prochaines années — en plus de l'augmentation de votre épicerie, de votre Hydro et de vos assurances :
Les conventions collectives des policiers, pompiers et cols bleus arrivent à échéance dans les prochaines années. Si la Ville s'aligne sur les récentes ententes au Québec (Longueuil : +23,5 %/5 ans pour les policiers, Gatineau : +24 %, Québec : +22 % pour les pompiers), c'est +15 à 20 M$ en coûts récurrents qui s'ajoutent — et qui effacent toute marge de manœuvre. Pendant ce temps, vous continuez de payer une épicerie à 325 $/semaine, une facture d'Hydro à 200 $/mois, et des intérêts hypothécaires qui ont doublé. Chaque année sans action rend le redressement plus difficile et plus douloureux pour les familles.
Cette analyse est basée exclusivement sur des documents publics officiels. Tous les liens ci-dessous étaient accessibles au moment de la rédaction.
Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu
• Rapports financiers, sommaires et budgets 2020-2026 — rapports consolidés audités, sommaires MAMH, présentations au conseil, faits saillants de la mairesse
• Budgets 2025 et 2026 — adoptés par le conseil municipal
• Section Finances municipales — taxes, évaluation, programme triennal d'immobilisations
• Stratégie de développement durable 2030
• Cabinet de la mairie — Éric Latour
Gouvernement du Québec
• Profils financiers MAMH — Données Québec — données financières de toutes les municipalités
• IPC Québec — Institut de la statistique du Québec
• Rémunération comparée municipal vs privé — ISQ 2024
Presse
• Le Canada Français — couverture locale SJSR
• La Presse — données épicerie, Hydro-Québec, finances municipales
• Radio-Canada — couverture municipale
• Noovo Info — tarifs Hydro-Québec 2025-2026
Cette analyse a été réalisée parce que les contribuables de Saint-Jean-sur-Richelieu méritent de savoir exactement où va leur argent. Pas les résumés polis des présentations budgétaires. Pas les ratios maquillés. Les vrais chiffres, tirés des rapports audités que la Ville dépose elle-même au ministère.
Il faut le rappeler : chaque dollar de taxes municipales est un dollar qui a déjà été imposé. Avant d'arriver sur votre compte de taxes, cet argent a d'abord été gagné par votre travail, puis taxé par le fédéral, puis taxé par le provincial, puis soumis aux cotisations sociales. Ce qui reste — votre revenu net — est ensuite ponctionné à nouveau par la taxe foncière. Quand la Ville augmente vos taxes de 100 $, vous devez en réalité avoir gagné environ 200 $ brut pour les payer. Chaque hausse de taxes est donc deux fois plus lourde qu'elle n'y paraît.
Les familles de Saint-Jean n'ont plus de marge. L'épicerie a augmenté de 27 % depuis la pandémie. Les taux hypothécaires ont plus que doublé. L'essence, les assurances, l'Hydro — tout monte. Et on vous demande encore plus, année après année, pour financer une bureaucratie qui grossit trois fois plus vite que l'inflation, des subventions opaques à des organismes dont personne ne rend compte, et une stratégie « carboneutre » dont vous n'avez jamais voté le financement.
Ça suffit. Il est temps d'exiger des comptes. Il est temps de demander que la Ville vive selon ses moyens — qui sont vos moyens.
Nous encourageons vivement d'autres citoyens, groupes communautaires et médias à mener des analyses similaires — sur Saint-Jean ou sur toute autre municipalité du Québec. Les rapports financiers sont des documents publics, déposés au MAMH et accessibles à tous. La transparence n'est pas un luxe ni un slogan. C'est un droit. Et c'est la seule façon de s'assurer que l'argent de vos taxes — votre argent déjà imposé — est dépensé judicieusement.
Ce que nous exigeons est simple : transparence, reddition de comptes, et respect de la capacité de payer des citoyens. Rien de plus, rien de moins.